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Première partie du résumé de mes folles aventures en Espagne, au bord de la Méditerranée, au Festival Internacional de Benicassim (ou FIB) 2006, uniquement consacrée aux concerts de ce festival. Un deuxième épisode suivra : Benicassim, ce n’est pas que la musique.
Le gros du festival s’étalait sur 3 jours, du vendredi 21 juillet au dimanche 23. Il y avait cependant deux soirées de bienvenue le jeudi et d’au revoir le lundi soir. Ainsi donc après avoir installé ma tente dans le camping le jeudi, je me dirige vers le site du festival où quelques concerts sont programmés sur la Escenario Verde (la Scène Verte), avec les Scissor Sisters en point d’orgue, mais pas avant 3 heures du matin, donc j’ai le temps.
Je prends donc le temps de découvrir le lieu et le fonctionnement du festival (je vous en reparlerai). Et un son sortant de la platine d’un DJ attire mon oreille : « You’re kisses are wasted on me, tadadada… ». Bonheur : sous un des chapiteaux, ledit DJ mixe tout plein de petits merveilles pop : The Pipettes, The Magic Numbers, I’m From Barcelona (!!!), The Smiths, Belle & Sebastian…. Sensation de bonheur total ! Je voudrais des DJs comme ça dans tous les Macumba de France !!
Et du coup, malgré le Red Bull, il ne me reste plus trop de patate pour les Scissor Sisters et de leur show à paillettes. Je les ai regardé sautiller sur scène, c’était vraiment sympa et festif, mais mes yeux commençaient à se fermer…
Il y eut un soir, il y eut un matin. Fin du premier jour.
Babyshambles
Nous voici le vendredi soir. Un concert de Babyshambles qui commence à l’heure, avec un Pete Doherty en forme (limite bronzé ), ça peut paraître tout de suite beaucoup moins intéressant, surtout après le concert rocambolesque du Bataclan en avril. Et pourtant, c’est toujours un truc un peu spécial. Pitou fascine. Le public (dont moi) hurle en le voyant arriver sur scène.
Sous l’un des « petits » chapiteaux du FIB, un concert très carré avec pas mal de morceaux de Down in Albion (Pipedown, La Belle et la Bête, Killamangiro) quelques inédits (The Blinding). Plus un petit Libertines pour la route (Time For Heroes).
Vient alors la première surprise du festoche. Après Albion (mon dieu, que cette chanson est magnifique). Pitou invite sur scène Shane McGowan, des Pogues, sur scène pour une reprise de Dirty Old Town. Les autorités ayant demandé aux vieux de boire beaucoup pendant la canicule, Shane s’est exécuté de bon cœur, et arrive sur scène bière à la main, fait comme l’oiseau. Pitou ressemble à un enfant de cœur à côté de lui.
Le concert se termine en joyeuse folie sur Fuck Forever. Ca ne pouvait pas mieux commencer !
The Futureheads
Un kébab plus tard et il est déjà l’heure d’aller voir les Futureheads sur la Escenario Verde. Pas grand-chose à dire, hormis que c’était vraiment bien ! Un concert festif, avec les grands tubes (Area, Decent Days And Night, Skip To The End), leur maîtrise des bons riffs et des voix. Et leur reprise imparable de Kate Bush Hounds of Love, avec le public qui fait les chœurs. Le must pour un concert avec autant de monde.
Le « Oh Ohoh ! » est devenu ainsi le chant fétiche de tous les festivaliers pour le reste de la soirée et de la nuit au camping.
Pixies
Je passe rapidement sur ce concert. En effet, ma connaissance des Pixies est comparable à ma connaissance de la langue espagnole (à savoir les bases pour survivre, mais pas plus). J’y suis donc allé pour voir le gros Frank quand même (c’eût été dommage de rater ça), et pour battre le record du monde de « Ouuuhouhhhhh » simultanés sur Where is My Mind. Un bon concert toutefois, avec un public conquis d’avance, qui reprend les paroles de toutes les chansons (impressionnant !!). L’ambiance est cependant un peu retombée à cause d’une interruption d’une demi-heure pour cause de pétage de barrière de sécurité par le public.
The Strokes
Le gros concert de la soirée du vendredi. Comme pour les Pixies, une ambiance de folie. Les Strokes envoient une setlist aussi tubesque que celle de Franz Ferdinand (Juice Box, Someday, Hard To Explain). Sur scène, il y a des effets lumineux considérables : néons, stroboscopes, au point que par moment, il était impossible de regarder, au risque de devenir épileptique. Tout allait pour le mieux donc…
Et là, c’est le drame : en plein milieu du concert, le gros coup de mou, associé à un gros mal de dos. Argh !! Je suis obligé de trouver un coin calme sur le côté et de suivre la fin du concert assis. Damned. Petits regrets après….
Il y eut un soir, il y eut un matin. Fin du deuxième jour
Morrissey
Nous voici le samedi. Et je trépigne devant la scène dans l’attente de Morrissey. Certainement le concert que j’attendais le plus de tout le festival, puisque n’ayant jamais vu le Moz, et puisque je vais le louper à Rock en Seine.
Le Moz arrive avec toute sa classe et sa chemise jaune. Avec beaucoup à se faire pardonner puisqu’il y a deux ans il avait annulé sa venue à Benicàssim au dernier moment. « Merci d’être venu cette année » lance-t-il. Sacré Moz tiens !!
Et il entame le concert avec Panic des Smiths, le titre que j’avais fredonné toute la journée, dans l’attente d’y être !! S’ensuivent plusieurs titres du dernier album (You Have Killed Me), et les gros tubes solos ou avec les Smiths (How Soon Is Now). Un petit hommage à Syd Barrett bienvenu avant d’entamer I'll Never Be Anybody's Hero Now.
Pour le plus grand bonheur des filles du premier rang et de son fabricant de chemises, le Moz déchire sa chemise à deux reprises avant d’envoyer la sainte relique dans la foule, non sans avoir essuyer avec la sueur de ses saintes génitoires (Aaaw, shocking !! ).
Même si la voix faiblit par moment, le personnage est impressionnant. Pendant tout le concert, Morrissey nous fait sa chanson de gestes, grands mouvements amples, jeu avec le fil du micro. Sans compter les petites réflexions satiriques entre chaque morceau.
Voilà un monsieur que je ne connaissais pas d’avant. A peine une bouche avait-elle dit dans mon oreille que Rufus Wainwright, c’était extraordinaire. Au final, ce fut mon meilleur concert de tout le festival.
Avec ses magnifiques ballades, sa voix magnifique et son piano, Rufus a vraiment fait passer un moment magique à tous ceux qui étaient sous le chapiteau. Un concert tranquille, mais tellement beau que jamais ennuyeux !
Il invite sa frangine Lucy à l’accompagner sur quelques morceaux. La fratrie complice choisi un peu plus tard de tuer absolument tout le monde en reprenant Hallelujah. Le plus beau moment de tout le festival !!
Après avoir demandé s’il y a des français ou des québécois dans la salle (ouaiiiiissss !!), il me porte le coup de grâce avec La Complainte de la Butte. Magique comme un concert de Sufjan Stevens…
Franz Ferdinand
Un concert de Franz Ferdinand qui ne soit pas colossal, ça existe ? J’en doute vraiment. Franz Ferdinand en concert, c’est toujours une machine de guerre, un rouleau compresseur, un torrent de classe pure. Presque trop facile. Avec autant de tubes que de chansons, c’est gagné d’avance, et c’est parti pour le karaoké géant. Et ce n’est pas l’absence du batteur (fraîchement papa) qui les arrête.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Fin du troisième jour.
Editors
Nous voici le dimanche (et dernier jour pour les gros concerts). Et gros programme en perspective, en forme de bouquet final. Ca commence avec les anglais d’Editors.
Le démarrage est difficile. Problème technique, le son de la guitare ne semble pas être au top, ça énerve Tom Smith qui en balance sa guitare de rage. Et puis la machine se met en route, prend de la puissance, devant un public conquis.
Il y a beaucoup de comparaison avec Interpol. Mais les concerts d’Editors sont nettement plus péchu : ça saute dans tous les sens, ça bouge ! J’ai parfois l’impression qu’ils jouent toujours le même morceau (je n’arrive pas à faire la distinction entre leurs chansons), mais c’est du très très bon ! Un groupe à voir, vraiment !!
J'avais vu Yann Tiersen au printemps de Bourges, mais j’avais été un peu déçu. Je m’attendais à du Amélie Poulain (miam !), et avait fait son concert avec une formation rock. Surpris et du coup un peu déçu, j’avais peu apprécié. Et Diam’s en invitée, j’avais pas supporté.
Mais bon, par respect pour le monsieur, je lui ai donné une seconde chance. Et je me suis vraiment fait plaisir cette fois ! Le courant passe très bien avec le public, notamment pendant les solos de violon furieux (YouTube). Il termine avec une version bien rock de La Valse d’Amélie, c’est bon, je suis content !
We Are Scientists + Art Brut
Pour ces deux concerts suivants, je m’auto-décerne la palme du plus gros snobage du festival. En effet, au même moment sur la Escenario Verde il y avait Depeche Mode et Placebo. Il a bien fallu choisir.
Dans un premier temps, We Are Scientists a remporté la palme du concert le plus humide du festival. Franz Ferdinand avait pourtant placé la barre très haut. Il y a beaucoup de monde sous le chapiteau pour écouter les bons riffs de la bande à Keith Murray, ainsi que leurs grosses blagues entre les morceaux. C’est diablement efficace et festif. Youpi !!
Sous le même chapiteau vient ensuite Art Brut, emmenés par Eddie Argos, qui cause plus qu’il ne chante pendant tout le concert. Il commence très fort : « On nous a demandé de jouer 75 minutes, c’est trois fois la longueur de notre premier album » Mort de rire « Nous allons donc vous jouer des morceaux de notre deuxième, troisième et même quatrième albums » (qui n’existent pas encore NDLR). L’ambiance est très proche du concert précédent (sauf que pas mal de monde est parti voir Depeche Mode).
Art Brut et We Are Scientists doivent prochainement sortir un single commun. Pour fêter ça, Art Brut reprend The Great Escape, avec l’aide de Keith Murray (le chanteur des WAS) (YouTube).
Et pour faire traîner un maximum, Eddie prolonge au maximum le dernier morceau Good Weekend (« brand new girlfriend » ), en entonnant le nouveau slogan du groupe « Art Brut ! Top of the Pops ! » et en l’adaptant à toute la prog du festival (y a du monde) : « Tom Verlaine – Top of the Pops…. Franz Ferdinand – Top of the Pops ». N’importe quoi et mort de rire n°2 !! (YouTube)
The Rakes
Il n’est pas loin de 4 heures du matin. Tout le monde est un peu fatigué. Les Rakes y compris certainement. Malgré l’heure tardive, j’étais particulièrement motivé pour les voir car je les avait raté à deux occasions déjà.
Le chanteur, Alan Donohue n’a pas l’air rassuré sur cette grande scène (mais de manière générale, il n’a jamais l’air rassuré et rassurant, un peu une tête de psychopathe le monsieur quand même). Tout en enchaînant les chansons, il semble chercher des fantômes un peu partout en écarquillant ses grands yeux (c’est extrêmement impressionnant sur les écrans géants !).
Les morceaux sont enchaînés à toute vitesse (22 Grand Job, Retreat, Work, Work, Work (Pub, Club, Sleep) ). Le rythme du FIB, c’était plutôt Playa, playa, playa (Litros de bière, Gigs, Sleep (pas beaucoup)).
Alan Donohue remercie même Depeche Mode et Placebo d’avoir assuré la première partie de leur concert !! Mort de rire n°3.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Fin du quatrième jour
Fiesta sur la plage
Par tradition (et pour la dernière fois cette année), le FIB se termine par une grosse fiesta sur la plage. A bout de forces après quatre jours, je vais quand même voir le set des deux fofolles de Queens of Noize. Ca mixe d’un peu tout, du rock à l’electro, des Pixies à Daft Punk. Un chouette moyen de dire au revoir à Benicassim (snif).
Mon top 5 (dans le desordre):
- Rufus Wainwright - Morrissey - La doublette We Are Scientists et Art Brut - Franz Ferdinand - Babyshambles
A venir : la seconde partie, Sea Sex and Sun…
J’ai récupéré les photos sur le site du FIB, et quelques une aussi sur le site du NME. Les jolis mp3 n’existeraient pas sans les retransmissions de la radio Radio 3 (il faudrait toutefois dire aux commentateurs d’arrêter de causer pendant les morceaux).
Clare
(1.8.06 16:58)
You are an absolute legend! Love the annoncer bits in Spanish and thank you thank you thank you for allowing me to hear Shane Mcgowan saying "Hola España" with no teeth lmao.
Bopper en Larmes
/ Site web
(1.8.06 20:54)
You're welcome I wasn't close enough to the stage to verify Shane's teeth condition. But it was a really great moment, and a great surprise !! I especially like the "No pasaran !!".
(NDLR : Shane MacGowan est réputé avoir une dentition proche du néant)
Kadi
/ Site web
(2.8.06 13:54)
Je n'est qu'un mot à dire : épique. Purée, quelle chance tu as! et puis merci pour les mp3, la version de Halelujah par Rufus (j'écris pas son nom, trop compliqué!) et sa soeur est tout bonnement subliminale (à part le "let's do it again, I fucked it up"...), ça a égayé ma pause déjeuner et pour la première fois, mes collègues ont écoutés religieusement, alors que d'habitude, ils disent que j'écoute de la musique de tarés! les pixies j'aurais aimé être là! et puis Pete bronzé, c'est une vision d'horreur ça, non? en tout cas mille mercis pour cette joyeuse chronique, Bopper à dit "que la lumière soit", et la lumière fut...
Bopper en Larmes
/ Site web
(2.8.06 23:54)
Oui, c'est vrai que j'ai eu un gros coup de bol de partir là-bas, je ne l'ai su qu'une semaine avant. Et je ne remercierai jamais assez KS pour m'avoir permis d'y aller.
Je n'ai pas dit que Pitou avait eu des coups de soleil. Je l'ai juste trouvé nettement moins blanc que ces derniers temps. Et plus en forme également, moins erratique Anecdote : avec le reste du festival, j'avais oublié l'incident "I fucked it up" pendant Hallelujah. Et quand j'ai réécouté l'enregistrement, ça m'est revenu, ainsi que tous les souvenirs du concert magique de Rufus, l'ambiance dans le chapiteau pendant ce morceau est indescriptible !!
Kadi
(4.8.06 11:32)
je m'en doute, la communion du public avec les artistes lors des "hallelujah" ça devait tout simplement être magique! ça donne la chair de poule...
Bopper en Larmes
/ Site web
(4.8.06 20:19)
Mais oui !! Tu as raison !!!
Je vais envoyer une bafouille à Rock n Folk: "Être rock'n'roll aujourd'hui, c'est avoir mal au dos en plein concert des Strokes" !!
Jojo
(6.8.06 21:18)
Hoooooooo merci merci pour ces rappels ! J'étais à Benicassim moi aussi - Rufus Wainwright et Hallelujah un vrai bonheur et le plus beau moment du festoche, je suis d'accord.
Tofumanchu
/ Site web
(20.11.06 14:20)
Hé bé mon gars, ferait bien d'écouter des vieux trucs. Mal connaitre les Pixies, c'est un crime, surtout quand on écoute à peu près tous les nouveaux groupes.